livre

L'Association Patrimoine La Roche-de-Rame publie aux Editions Dou Courmié (Imprimerie du Fournel), les mémoires de Marius Paulet, la campagne 1914-15.

Marius Paulet, né le 2 novembre 1890, est un enfant de La Roche-de-Rame, qui fut expédié à Belfort dès le début du mois d'août 1914, combattit sur la crête des Vosges et fut fait prisonnier le 1er septembre 1914. Il passa le reste de la guerre dans des camps de prisonniers en Allemagne et écrivit chaque jour son journal, qu'il transcrivit sur un cahier après la guerre, quand il fut revenu au pays. 

Dans ce récit, Marius note au jour le jour les faits et anecdotes parfois truculents, à côté de récits de l'hécatombe de cette guerre, avec le même style sobre et humble. Il  raconte les camarades fauchés par les balles, la peur, la faim et la soif, la boue, les longues marches sans ravitaillement...

Puis c'est la captivité dans les camps de la région d'Ulm où il doit travailler dur, mais il décrit surtout les lettres qu'il reçoit et qu'il envoie, les colis qui arrivent parfois moisis, mais qui lui font chaud au coeur. Il ne s'étale pas sur ses sentiments, dans un témoignage riche et précieux, de la condition des Kriegsgefangenen (prisonniers de guerre), qui ont connu la faim, le froid, la maladie et le travail dans les champs et les usines allemandes, et qui, lorsqu'ils sont revenus au pays, se sont fondus dans la société civile, ne recevant pas les honneurs espérés, leur combat moral dans les camps n'étant pas reconnu. Ils sont exclus de la Médaille militaire et de la Croix de guerre, n'obtiennent aucune distinction ; le fait d'avoir été prisonnier est perçu comme honteux par l'opinion publique : Ils n'ont pas défendu leur pays et n'osent même pas raconter...

Marius subit cette guerre terrible comme des millions d'autres soldats, racontant ce qu'il voit et ce qu'il fait avec ses camarades, sans comprendre jamais la stratégie, se faisant tirer dessus, dans le désordre et l'errance, souffrant du froid dans la boue, dormant n'importe où, avec de brèves réjouissances, parfois.

Ses écrits prennent fin progressivement de mai 1915 à avril 1916, devenant "télégraphiques", sans doute à cause de la lassitude, de la faiblesse due au manque de nourriture et à la repression dans les camps.

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68 pages, en vente au prix de 8€ auprés de l'association :

http://www.patrimoine-larochederame.fr/publications/livres/marius-paulet/