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Le bourg de Saint-Véran est tout étiré sur la montagne et long de plus d'un kilomètre, plein sud, pour que tous profitent du soleil, essentiellement pour permettre aux céréales stockées dans les "fustes" (du latin fustis : poutre, bois) d'arriver à maturité. Ces maisons à l'architecture particulière possèdent une partie en troncs de mélèze laissant passer l'air dans les étages pour sécher le foin, et dans les balcons pour aérer la récolte de foin et de seigle. 

Saint Véran (14)

 

 

 

On dit de la commune de Saint-Véran,village du Queyras de 290 habitants, qu'elle est "la plus haute commune où on mange le pain de Dieu" (Lou Plus haouto coumunoutas inte se mangeu lou pan de Diou), phrase inscrite sur le cadran solaire de l'église. 

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L'église de Saint-Véran fut reconstruite au XVIIe siècle, après les guerres de religion. En forme de temple (son architecte était protestant), elle ne possédait ni abside, ni clocher. Le clocher actuel date de 1838.

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Très investi par les Vaudois qui se rallièrent à la réforme, Saint-Véran possède également un temple,  détruit en 1685 à la suite de l'édit de Fontainebleau signé par Louis XIV, qui révoqua l'édit de Nantes, signé par Henri IV en 1598 et qui offrait une certaine liberté de culte aux protestants. Le temple actuel date de 1804.

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Le porche en bois de l'église est soutenu par deux colonnes portées par des lions stylophores, comme à Guillestre, Embrun, Abriès...

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 Ils font partie des détails architecturaux de la première époque, comme les colonnes et leurs chapiteaux, le bénitier.

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L'hiver ou l'été, avec les décorations fleuries ou la neige, c'est toujours un bonheur de se promener dans Saint-Véran.
La légende de Saint-Véran
Voici ce que le chanoine François Mathieu, écrit dans un recueil de textes parus en 1665 : "Il y avait pour lors en ces quartiers là, un dragon d’une prodigieuse grandeur, lequel désolait tout son voisinage, et rendait la campagne presque inhabitable. Ce monstre avait sa tanière dans une caverne des rochers de Vaucluse, d’où venant à sortir avec impétuosité, lorsqu’on y pensait le moins, il se ruait sur le bétail et sur les hommes qu’il trouvait dans les champs, égorgeant , dévorant tout ce qu’il rencontrait sans qu’il fut possible d’esquiver sa furie, à cause qu’il avait des ailes, et qu’aussi on n’avait pas le loisir de se mettre à l’écart."
 Muni du signe de croix, l'Evêque Véran de cavaillon s'avança dans la caverne du dragon, lui commanda de venir se présenter devant lui. L'animal sortit et vint se coucher à ses pieds. Le prêtre l'épargna mais l'enchaîna et le traîna jusqu'au pied du Luberon. Là, lui ordonnant de quitter la région et ne de plus faire de mal aux habitants et à leurs bêtes, il lui rendit la liberté.

Saignant lors de sa retraite, le dragon laissa tomber des gouttes de sang, d'où la présence en France d'autres villages nommés Saint-Véran, ou Saint-Vérand, dans l'Isère, le Rhône et la Saône-et-Loire.

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Le cimetière qui entoure l'église est un cimetière catholique, les habitants de confession protestante reposent dans un cimetière du hameau des Raux. 

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Prochaine visite : l'intérieur  de l'église.

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