2- L'horloge Odobey et les cloches

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L'échelle plaquée contre le mur de l'église du Bez n'est pas l'échelle de Jacob... De celle qui lui vint en songe. Non, cette échelle est utilisée pour accéder au clocher de l'église...

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Et celles-ci sont principalement utilisées par le bénévole qui remonte chaque semaine les poids de l'horloge, et très peu par les anges pour monter et descendre du ciel...

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Voici la petite porte du clocher sur la façade au bout de l'échelle. En entrant, on se heurte aux poids qui descendent dans la cheminée...

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Ciel et montagne se glissent à travers les barreaux de l'oculus.

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Et puis, dans une petite pièce où on peut à peine se tenir debout, elle est là.

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C'est toujours avec la même émotion qu'on découvre la belle mécanique, avec ses volutes de fer et de laiton, ses pièces en acier finement martelé...

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Alors que, tout au long de l'ascension, oubliant l'appréhension du vide, on a écouté le battement régulier qui compte patiemment le temps.

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Cette horloge est une PAUL ODOBEY, fabriquée à Morez (Jura) en 1898, comme l'indique la signature qu'il faut aller dénicher sur la face interne d'une jolie pièce. C'est la finesse du téléphone portable qui a permis de la photographier.

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Le balancier avec ses roses en laiton est également une marque de fabrique Odobey. Sous le balancier, une vis qu'il faut tourner vers le R pour ralentir l'horloge lorsqu'elle est pressée d'en finir et vers le A pour l'accélérer quand elle s'attarde un peu trop sur les secondes... C'est le travail de Patrick Faure, un Bessouris (habitant du Bez) qui remonte les poids une fois par semaine, huile les rouages, dépoussière, fait les réglages nécessaires... Mais alors, pas de vacances ? Si, bien-sûr, mais pas plus d'une semaine !... Il a succédé à son père qui lui-même a succédé au sien. Un champion de ski, Henri Brechu, a même eu le "privilège" de remonter les poids de cette horloge pendant 20 ans.

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Le cadran de contrôle,

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Et sur le cadre, les plaques de l'installateur A. Salle, horloger à Briançon et des donateurs, les Borel, d'une grande famille du village, qui sont à l'origine de la construction de la flèche de l'église (voir ICI, l'histoire de l'église).

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Il faut encore grimper sur une échelle, pour accéder aux trois cloches. Et quelques contorsions plus tard :

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les photographier !

Impossible d'en faire le tour pour lire toutes les inscriptions, mais on voit bien que le nom de Borel s'affiche encore ici.

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Fondues par Burdin-Ainé à Lyon.

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Il parait que la cloche sonne les heures avec cinq minutes d'avance. C'est pourquoi on prétend que "les gens du Bez embattent la veille" ! (Ce qui veut dire qu'ils chargent l'âne la veille du départ...)

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Voici un des quatre cadrans  avant la restauration de l'église avec ses aiguilles Odobey identifiables à leur forme "en paire de ciseau" et... devinez ???

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