Mouvement et légèreté, voici ce qu'expriment les géants de Christian Burger. C'est pourtant le métal, la soudure qui sont utilisés pour ces grands volumes souvent ajourés.

Quand l'acier s'éprend du soleil et du vent...

Depuis plusieurs années, Christian Burger réalise des sculptures monumentales, notamment des personnages en métal, matériau ambitieux à maîtriser mais relativement souple à modeler. 

Dans les Hautes-Alpes, la dernière oeuvre installée se trouve à l'entrée de Vallouise. Les autres sont à L'Argentière-La Bessée, Montgenèvre et Ailefroide. Toutes ont un lien avec l'histoire de leur environnement.

 

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  Madame Carle : 2017, 3,20 m de haut, acier soudé et peint.

Elle surprend un peu, surtout par ses couleurs "catalanes" mais elle possède comme une poésie du passé, un léger parfum de mémoire. Cette femme fière et droite sur sa mule avance en silence dans notre monde moderne et traîne derrière elle son histoire passée... 

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 "Curiosité pour le pays de Écrins, cette sculpture illustre la légende de Madame Carle (pré), elle a été offert par U.H.V représenté par JM Estienne et JP Staub et par l'auteur à la commune de Vallouise-Pelvoux. Curiosité par sa couleur « pop » et par son traitement légèrement ajouré et creux, elle invite le public à l’expérience d’entrer à l’intérieur et de passer le visage dans celui de madame Carle…" (Site de Christian Burger)

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 La légende de Madame Carle, inventée par  Gabrielle Sentis, en 1982 est bien connue des habitants du Pays des Écrins. Mais avant d'inspirer une écrivaine, elle a été un personnage ayant réellement existé et a donné son nom au Pré de Madame Carle, situé en amont d'Ailefroide. 

Les chroniques de la Vallouise indiquent que le Pré existait bel et bien, là où il y a maintenant, que des cailloux. C’était un bel alpage qui faisait partie des biens (Bâtie de la Vallouise et ses appartenances) donnés en 1505 par le Roi Louis XII à Geoffroy Carle, Président du parlement du Dauphiné. A sa mort, son épouse Louise Sereyne, originaire de la vallée, administra ses biens et aurait donné ainsi son nom à ce lieu. Une autre tradition attribue ce nom à la belle-fille de ce même Geoffroy Carle, qui au début du XVIème siècle avait été le précepteur de la fille du roi Louis XII. En effet, il aurait acheté en 1510 l’ancien château de la Bâtie des Vigneaux avec ses terres. Son fils Antoine Carle mourut jeune, laissant une veuve et 10 enfants. A leur majorité, ils se partagèrent les biens paternels et laissèrent à leur mère, cette parcelle de terre qui prit le nom de Pré de Mme Carle. Mais beaucoup d’autres légendes courent encore autour de ce pré notamment celle qui voudrait qu’ait péri ici, tirée par un cheval emballé sur ordre de son époux, l’épouse un peu volage de Geoffroy Carle, le premier président du Parlement de Grenoble … (Site passion Montagne 05)

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L'Argentière-La Bessée

On trouve Edward Whymper à l'entrée de L'Argentière-La Bessée, dans un virage en épingle à cheveux, placé là, au seul endroit où ce Whymper de 6 mètres de haut a une vue sur la Barre des Écrins, qu'il gravit en 1864.

Tourner autour de la sculpture en acier corten, en descendant la route des rampes de L'Argentière, voir passer dans un tourbillon, le célèbre alpiniste britannique du XIXe siècle, son piolet, son chapeau, les sommets des Écrins, le Pelvoux, La Barre, puis le quitter pour rejoindre le XXe siècle et le village de L'Argentière et son passé industriel, le photographier avec le soleil, un peu de neige, la pluie, un maillot jaune du Tour de France, même, le deviner dans la nuit, le voir de l'autre versant, tout petit et noir... voilà qui fait le plaisir de mon quotidien d'Argentièroise !

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 Remarquable visage volontaire qui joue et vibre avec la lumière, mouvement du bras sur le piolet... On marche avec lui.

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Montgenèvre : L'envol

En 1907 eut lieu à Montgenèvre la première compétition de saut à ski. Plus que sur la neige, c'est sur l'air que glissaient les skieurs ! 

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Un skieur s'envole, soutenu par deux hommes et une femme. Une oeuvre de huit mètres de haut, dessinée par des dizaines de barres d'acier inoxydable qui enferment un vide qui forme une sorte d'anti-masse...

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Et la lumière réfléchit et fait glisser, arbres, ciel, neige...

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 La victoire du sportif sur la gravité...

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 Ailefroide

En acier, haut de 2,50m, avec une envergure de 1,80m, cet autre "Envol" a été installé au sommet de la Barre des Ecrins pendant l'été 2014 par la "Cordée historique" pour fêter le 150e anniversaire de l'ascension d'Edward Whymper. Puis elle partit au bord du Lac Léman, puis à Val d'Isère, Autrans et Briançon.  Depuis l'été 2017, elle a pris définitivement place sur son caillou, devant la Maison de la Montagne d'Ailefroide, aux pieds du Massif des Écrins.

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Photo : site de Christian Burger

Il est encore question de voler, de monter toujours plus haut, d'atteindre le ciel, de planer... Expression du rêve de tout alpiniste lorsqu'il atteint le sommet...

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Union des quatre éléments, la terre, l'air, le feu et l'eau, cette sculpture en acier symbolise la victoire, l'éternité, la quête d'infinis... 

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 Embrun, ZA de Pralong, devant l'atelier du sculpteur

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'L'homme 2016" est une sculpture en tilleul polychrome de 2,50 de haut...

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Il a provoqué de nombreuses questions : Homme meurtri, Homme  sans réflexion... aux quelles l'auteur ne répond pas. Il est parfois inutile de comprendre, il suffit de se laisser porter par l'émotion...

 

Christian Burger ©

 

Cliquer sur l'image pour accéder au site de Christian Burger 

Christian Burger, né en 1969 à Munster (Haut-Rhin) vit et travaille dans les Hautes-Alpes en France. Depuis 2001, il exerce à temps plein son art de sculpteur : commandes publiques aux beaux jours et organisateur d’évènements sculptés, durant l’hiver, dans les stations alpines les plus renommées. 

« En appréhendant les surfaces d’une façon graphique, j’ai remarqué que la sculpture devenait plus forte, qu’elle vibrait littéralement, malgré sa masse, sous l’effet de la lumière. C’est en questionnant les textures possibles des différents matériaux que je suis arrivé aux sculptures ajourées ».