L’Ode à la Joie joué par Raymond Brun sur l'orgue de la Collégiale de Briançon.

Avant de poursuivre, cliquez sur cette vidéo, la musique de l'orgue accompagnera votre lecture... Raymond Brun est l'organiste de la Collégiale.

P1280376

L'orgue de la Collégiale est installé en tribune au-dessus de la porte d'entrée et sous le fameux cadran d'horloge à une aiguille "au plafond".

En 1776 un orgue est construit à la Collégiale Notre Dame et Saint Nicolas de Briançon, par les facteurs Joseph Vetter, originaire de Forêt Noire et élève puis associé de l'organier Adrien Potier de Lille, et Domenico Calligari, qui a exercé comme facteur d'orgue jusqu'en 1796 à Pignerol, près de Turin, dans un buffet en mélèze des menuisiers André Vincent et Jean-Claude Obert. L'instrument d'origine a donc des influences allemandes, italiennes et françaises, ce qui en fait un orgue original dans la région. Il est inauguré le 18 février 1776, à l'occasion du baptême de Jacques-Antoine Albert, fils de François Albert, premier échevin. L'orgue sera restauré par Vetter lui-même en 1784 et en 1786, puis en 1823 par Giuseppe Collino de Pignerol et en 1873 par Emile Cotton de Cannes. L'examen détaillé de la structure interne laisse penser qu'il comptait une trentaine de jeux répartis sur trois ou quatre claviers.

P1280383

La partie instrumentale qui le compose a été placée au XIXème par le facteur marseillais François Mader. Il s'agit d'un petit orgue de onze jeux dont la tradition orale dit qu'il proviendrait de l'Abbaye Saint-Victor de Marseille. 

P1280380

En 1970, Henri Saby de Saint-Uze (Drôme) apporte des modifications harmoniques importantes qui tendent à donner une sonorité plus en rapport avec l'esthétique du buffet.

P1280382

Buffet du XVIIIème siècle, en mélèze, à deux corps, qui a contenu un instrument de 3 à 4 claviers avec "positif de dos", beaucoup trop vaste pour l'instrument actuel.

P1280345

Décor sculpté de la base du buffet, à motifs de guirlandes de feuillages, de fleurs et de pommes de pin, symboles d'éternité, persistance des religions polythéistes...

***

L'horloge binaire sinusoïdale monumentale du Lycée d'Altitude de Briançon 

Par un heureux concours de circonstances le lycée de Briançon a récupéré l’Horloge du Cinématographe de la gare de Cannes. Cette belle horloge Brillié des années 70 allait être détruite. Depuis, des élèves du lycée technique travaillent sur un projet d’animation lumineuse et sonore appelé CIN (comme cinéma ou cinématographe). A terme, ce système monumental de 7 mètres d’envergure, piloté par 11 microprocesseurs Arduino, et contrôlé par une antenne GPS (offerte par la société Bodet), sera démontable, transportable et exposable en tout lieu. Les 10 plots lumineux cachent l’heure sous une forme mystérieuse à découvrir ici sur une vidéo de Charles 05100 :

Pour la partie sonore, c’est l’hymne européen ou Ode à la Joie tiré de la 9ème symphonie de Ludwig van Beethoven qui a été choisi, et c’est Raymond Brun, le fidèle organiste de la Collégiale qui en sera l’interprète.

Et maintenant, grâce aux miracles de la technologie, une carte électronique programmable permet d’écouter la mélodie sur le système CIN en cours de mise au point aux ateliers du lycée

Projet "Horloges d'Altitude" :

Il faut maintenant améliorer l’harmonie entre les sept notes de musiques et les sept couleurs des plots : blanc, rouge, jaune, vert, cyan, bleu, et magenta. Encore un bel exercice pour les élèves du Lycée d’Altitude.

***

L'Ode à la Joie (ou Hymne des Temps Futurs ou Hymne à la Joie) est un poème de Friedrich Von Schiller, écrit en 1785. L'Hymne à la Joie est surtout connu comme le finale du quatrième et dernier mouvement de la 9ème symphonie de Beethoven, devenu l'hymne officiel de l'Union européenne. Beethoven a manifesté l’intention de composer une œuvre à partir de l’Ode à la Joie de Friedrich von Schiller au moins dès 1792. D’autres esquisses se trouvent dans ses cahiers de 1814-1815. Beethoven adapta le texte pour sa 9ème symphonie. A cette fin, il s'inspira d'une version de 1803 révisée par Schiller lui-même. (lvbeethoven.fr)

Le dernier mouvement de la 9ème symphonie s'achève sur un finale avec chœur et solistes, ce qui constitue une première dans le domaine de la musique symphonique.

Outre le poème de Schiller, il existe plusieurs versions des paroles de l'Hymne à la Joie. Toutes parlent de joie, de fraternité, de douceur et de charmes, d'allégresse et de volupté...

On ne peut que rêver de ces belles notions, lorsqu'on écoute les paroles de notre hymne national, où la tyrannie, l'étendard sanglant, les féroces soldats, le sang impur, se disputent les symboles d'un pays... 

 

P1280347aIl faut souligner le travail remarquable de l'association Les Amis de l'Orgue de la Collégiale de Briançon, qui, avec la mairie de Briançon, oeuvre à entretenir l'orgue et à obtenir le classement des éléments d'origine.

 

 

Quand l'orgue et l'horloge chantent l'Ode à la Joie, musique et technologie, enseignement et poésie, science et cinématographe, se mêlent pour délivrer un message de paix et de tolérance...

 

Projet "Horloges d'Altitude" : L’Ode à la Joie joué par Raymond Brun sur l'orgue de la Collégiale. (version 1)

Merci à Raymond Brun, Denis Vialette, Charles 05100 et Stéphane Ferraris du projet scolaire "Horloges d'Altitude", à Alain Daboncourt, président de l'association Les Amis de l'Orgue de la Collégiale de Briançon, à Ludwig van Beethoven, Friedrich von Schiller, Joseph Vetter, Domenico Calligari, André Vincent et Claude Obert, à François Mader, aux élèves et aux professeurs du Lycée d'Altitude et à tous ceux qui ont restauré cet orgue. Merci à la Joie et à la Paix.

Avec l'aimable autorisation de Raymond Brun qui fait vivre l'orgue en s'installant régulièrement au clavier pour "souffler" la puissance des accords entre les colonnes de la Collégiale. Le "roi des instruments", l'orgue, sait aussi jouer avec les genres en étant masculin au singulier et féminin au pluriel, comme les deux mots amour et délice...