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Village de 580 habitants, Val-des-Prés est situé au Sud de la Vallée de la Clarée qui tire son nom de la rivière affluente de la Durance, la Clarée dont la confluence se trouve à l'ouest du col de Montgenèvre. Sur cette vue, on ne voit pas l'église, c'est normal puisque nous sommes dans le clocher de l'église Saint-Claude. Mais redescendons par son escalier sombre, raide et poussiéreux, pour faire cette visite depuis les prés

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La voici, cette belle église Saint-Claude avec son cimetière attenant. 

La chapelle, proche des maisons du Val des Prés, dédiée à Saint Claude, fut, le 6 février 1460, "érigée en église paroissiale, avec fonts baptismaux et cimetière ainsi que tous autres insignes de la fonction paroissiale ..." 

Au cours des siècles la chapelle s'est agrandie et enrichie d'ornements baroques. Elle fit l'objet de tous les soins de la part des habitants jusqu'en 1965. Puis ce fut une période de déclin, qui mena l'édifice au bord de la ruine, jusqu'à ce qu'une association de sauvegarde reprenne son destin en mains. C'est ce qu'on peut lire sur le site de cette association, dont le président est Bernard Prunier. C'est lui qui nous guide dans la visite de l'église.

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Le porche, a été restauré en 1994. Il fut réalisé à l'initiative d'un curé de village, le Père Jean-Baptiste Bouvier, au début du XVIIe siècle. Ce narthex permettait aux personnes non baptisées d'assister aux offices (à l'abri), sans pénétrer dans l'église... C'est dire si l'Eglise était accueillante (à l'époque...).

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La porte, en bois de mélèze, fut également sculptée par  le Père jean-Baptiste Bouvier, mort en 1637. Certaines sculptures furent détériorées à la Révolution.

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Sous le porche, le Monument aux Morts, avec sa croix de guerre et ses plaques commémoratives personnalisées, en tôle émaillée.

clocher

Le clocher est typique des églises briançonnaises qui furent construites à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Il présente une structure indépendante du reste de l'édifice avec un campanile percé de deux niveaux de trois baies géminées.

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La nef est profonde et ornée de décors baroques en stuc. 

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Elle fut agrandie au XIXe siècle. 

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Le maître autel en bois sculpté doré, typique de la période de la contre-réforme, était autrefois entouré d'un retable en bois polychrome qui fut démonté. Une grande partie des éléments fut pillée.

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Il était agrémenté, en plus du Christ en gloire, de six statuettes en bois polychrome. 

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Dans la voûte en berceau du choeur, deux niches accueillent des statuettes qui datent probablement de la construction de l'église : Dieu-le-Père et Saint Antoine. On aperçoit le cochon à ses pieds... (Histoire de Saint Antoine ICI

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Une pietà du XXe siècle, oeuvre du sculpteur italien, Roberto Alessandria (http://robertoalessandria.com/) 

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Un tableau qui représente "La cène", le dernier repas du Christ est dû à Hyppolithe Laurençon, peintre de Plampinet et offert en 1827 par le capitaine Prat. 

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 La remise du rosaire, tableau offert à l'église en 1643 par Claude Prat, recteur de la paroisse.

Il fut restauré en 1994 

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Ce tableau représentant Saint-Antoine Abbé, se trouvait à l'honneur au centre du retable nord, jusqu'en 1976. Des opérations de restauration malheureuses ont entrainé la destruction partielle des stucs constituant ce retable, le trou laissé fut caché par un tableau plus grand et celui-ci fut jeté avec les gravats dans la partie basse du clocher, d'où il fut tiré en 1989. L'association a fait procéder à sa restauration.

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C'est derrière le tableau de Saint Antoine, qu'on adécouvert ces fresques du XVe siècle, en cours de restauration.

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Entre les frises en stuc, d'autres fresques, ici des animaux imaginaires qui ressemblent à des chiens et lèchent des feuillages... ne sont pas sans rappeler la fresque de Saint Antoine de l'église de Saint-Sauveur où un sanglier dévore des pavots... (à retrouver ICI)

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Autour de la porte qui mène au clocher, une autre fresque. Ici est représenté Saint Maurice d'Agaune, soldat thébain. 

Le récit d'Eucher de Lyon (370-449) : 

« Il y avait à cette époque une légion de soldats, de 6 500 hommes, qu'on appelait les Thébains. Ces guerriers, valeureux au combat, mais plus valeureux encore dans leur foi, étaient arrivés des provinces orientales pour venir en aide à Maximien. Comme bien d'autres soldats, ils reçurent l'ordre d'arrêter des chrétiens. Ils furent toutefois les seuls qui osèrent refuser d'obéir. Lorsque cela fut rapporté à Maximien, qui se trouvait alors dans la région d'Octodurum (Martigny aujourd'hui), il entra dans une terrible colère. Il donna l'ordre de passer au fil de l'épée un homme sur dix de la légion, afin d'inculquer aux autres le respect de ses ordres.

Les survivants, contraints de poursuivre la persécution des chrétiens, persistèrent dans leur refus. Maximien entra dans une colère plus grande encore et fit à nouveau exécuter un homme sur dix. Ceux qui restaient devaient encore accomplir l'odieux travail de persécution. Mais les soldats s'encouragèrent mutuellement à demeurer inflexibles. Celui qui incitait le plus à rester fidèle à sa foi, c'était saint Maurice qui, d'après la tradition, commandait la légion. Secondé par deux officiers, il encourageait chacun de ses exhortations. Maximien comprit que leur cœur resterait fermement attaché à la foi du Christ, il abandonna tout espoir de les faire changer d'avis. Il donna alors l'ordre de les exécuter tous. Ainsi furent-ils tous ensemble passés au fil de l'épée. Ils déposèrent les armes sans discussion ni résistance, se livrèrent aux persécuteurs et tendirent le cou aux bourreaux. »

C'est cette porte que nous emprunterons demain pour monter dans le clocher...

L'association de sauvegarde de l'église de Val-des-Prés édite un CD : La Clarée d'églises en chapelles, en vente 12€ auprès de son président Bernard Prunier dont vous trouverez les coordonnées sur le site.

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L'église de Val-des-Prés : L'horloge et les cloches