Sur les six refuges Napoléon construits au milieu du XIXe siècle dans les Hautes-Alpes, quatre existent toujours. On les trouve aux cols de Vars, d'Izoard, de Manse et du Noyer. Des deux autres, érigés aux cols Agnel et Lacroix, il ne reste que des ruines. Quatre refuges pour quatre saisons, quand on sait qu'ils sont tous construits sur le même modèle, c'est une façon de les découvrir habillés de lumières différentes, décorés de fleurs, des couleurs de l'automne ou de neige...

Napoléon Ier, dans son testament, lègue la moitié de son domaine privé « aux villes et campagnes d’Alsace, de Lorraine, de Franche-Comté, de Bourgogne, d'Île-de-France, de Champagne, Forez, Dauphiné qui auraient souffert par l’une ou l’autre invasion ». Trente-quatre ans après la mort de son aïeul, Napoléon III chargera une commission d’interpréter son testament et de répartir les fonds disponibles. Les Hautes-Alpes feront partie des 26 départements à recevoir 50.000 francs.

 C'est ce que démontre Jean-Pierre Jaubert dans son livre "Napoléon, 4, 5, 6 mars 1815 : des témoins racontent". Il tord ainsi le cou à une idée reçue selon laquelle Napoléon Ier aurait fait don aux Hautes-Alpes d’une somme pour que soient édifiés des refuges sur les cols des Alpes qu'il emprunta pour remonter de lÎle d'Elbe. 

Le refuge du Col de Vars, l'été

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 La commission créée par Napolèon III choisit de consacrer cette somme « à une institution durable de bienfaisance qui perpétue au cœur des populations le religieux souvenir dont Napoléon Ier les a honorés ». Le conseil général des Hautes-Alpes, consulté sur le sujet, voulut que cette somme soit « placée provisoirement en rentes sur l’Etat et le revenu employé en bourses ou demi-bourses, en faveur d’aveugles et de sourds-muets pauvres du département ». Mais aucune demande de bourse ne fut fait pour des aveugles et seuls huit sourds-muets furent placés dans une institution.

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Ainsi, en 1856, le préfet des Hautes-Alpes Alexandre Lepeintre eut l’idée de consacrer ce legs à la construction de refuges sur les principaux cols du département pour y accueillir « les malheureux surpris par la tourmente, ou arrêtés par les avalanches ». Cette suggestion fut approuvée par le conseil général et les 50.000 francs permirent l’édification de six refuges (sur les huit prévus). Ces refuges, édifiés sur un modèle unique, furent achevés en 1858, et les dépenses dépassèrent largement les 50.000 francs. Ces "maisons de secours" étaient équipées, à l'époque, de cuisine, four, chambres et écurie.

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Le col de Vars marque la limite entre Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-provence, entre vallée de l'Ubaye et Queyras, dans le massif de l'Ubaye, entre massif du Parpaillon et massif d'Escreins.

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Le refuge Napoléon a été construit à deux kilomètres au nord du sommet du col. Le col atteint 2108 mètres d'altitude et a été ouvert en 1890.

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L'été, ce sont les épilobes en épi qui contemplent leur reflet dans le miroir du plan d'eau...

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La route qui franchit le col est construite par l’armée, à l’initiative du général Berge, commandant le 14e corps de Lyon, en 1893. Il est doublé par le tunnel du Parpaillon, plus à l’ouest, également pour raisons stratégiques, afin de diminuer sa vulnérabilité.

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Commencées en 1857, ces constructions furent terminées en 1858 avec à la clé, un surcoût croissant du prix des matériaux en fonction de l'altitude du refuge (23 000 Fr pour le refuge du col Lacroix à 2 800 m contre 5 600 Fr pour Manse à 1 290 m).
Par ailleurs, un règlement spécial d'administration régissait ces refuges et prescrivait à son gardien de sonner la cloche de l'établissement à des intervalles rapprochés en temps de tourmente ou de brouillard et d'allumer un fanal afin de guider les voyageurs à la tombée de la nuit.

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La route du col de Vars aujourd’hui dénommée Départementale 902 (D902) fut l'une des étapes les plus prisées de la fameuse "Route des grandes Alpes".

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Le refuge Napoléon du col de Vars abrite aujourd'hui une auberge qui offre gîte et couvert, et propose des activités de montagne, sportives et culturelles.

 

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Le refuge Napoléon du col d'Izoard en automne

Le refuge Napoléon du col de Manse en hiver

Le refuge Napoléon du col du Noyer au printemps