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A la fin du XIXe siècle, Jean-Paul Lachmann (1851-1908), Professeur de botanique à l'université de Grenoble, crée les jardins botaniques de Chamrousse, de Villar-d'Arène et du Lautaret. Celui de Chamrousse sera abandonné, faute de route d'accès, celui de Villar-d'Arène, qui servait entre autres d'acclimatation aux plantes alpines exotiques, également. Seul subsistera celui du Lautaret, construit en 1899 à 2050 m d'altitude, sur un site connu pour sa très grande richesse en fleurs. è

Aidé par Alexandre Bonnabel, hôtelier, Lachmann entreprend l'aménagement du jardin à proximité du refuge-hospice Napoléon, sur un terrain de 3000m² de la commune de Monêtier, cédé gratuitement par le Ministère des travaux publics. Il donne à ce jardin une double vocation : accueil du public et recherche sur la flore alpine.

La Station alpine Joseph Fourier est une unité mixte de services de l'université Grenoble 1 et du CNRS. Elle déploie ses activités au col du Lautaret (Jardin botanique alpin, Chalet-laboratoire et Galerie de l'Alpe en cours de programmation) et sur le campus de Grenoble (arboretum Robert Ruffier-Lanche et serres en cours de construction). Ses missions concernent le développement de plate-formes de recherche, l’entretien de collections botaniques, la formation des étudiants et la vulgarisation scientifique auprès du grand public. (https://www.jardinalpindulautaret.fr/)

Situé dans le cadre grandiose des glaciers de la Meije (3987 m), le Jardin abrite plus de 2100 espèces de plantes et représente un conservatoire unique de la diversité de la flore alpine telle qu'on l'observe sur l'ensemble des hautes montagnes de la planète. 

Ce jardin botanique est aussi impliqué dans des programmes de conservation de plantes menacées et de recherche sur la vie des plantes en milieu extrême.

 

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Le Pr. Lachmann meurt en 1908 et son successeur à la chaire de botanique de la faculté de Grenoble, le Pr. Marcel Mirande, poursuivra son oeuvre en enrichissant le jardin qui compte plus de 1500 espèces en 1913. L'aspect paysager est amélioré grâce aux tracés de J. Ginet, célèbre architecte-paysagiste.

Jusqu'à la première guerre mondiale, le jardin du Lautaret fera le bonheur des savants dauphinois et européens et du public, à une époque où le tourisme explose dans les Alpes.

Fin 1913, tout est remis en cause avec le tracé de la liaison Galibier-Lautaret. Le Pr. Mirande n'a qu'une solution : transférer le jardin sur un autre terrain, mais l'Université n'en a pas les moyens. C'est alors qu'intervient Léon Auscher, l'un des responsables du Touring Club de France. le TCF offrira 30 000 F et aménagera un terrain de 20 000m² (le terrain actuel) et construira un chalet laboratoire (l'actuel chalet présent dans l'enceinte du jardin). La Compagnie Paris Lyon Méditerranée (PLM), dont l'hôtel est en construction, offrira 15 000 F. Ce deuxième jardin gagne 50 m d'altitude et occupe un terrain de la commune de Villar-d'Arêne, sur un versant sud, dans un panorama grandiose, Briançonnais, Grand Galibier, Combeynot, glaciers de la Meije...

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Malgré la guerre, le projet prend forme et le nouveau jardin est inauguré le 5 août 1919.

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Renouée des Alpes sur fond de glaciers

La maintenance de ce jardin est compliquée par l'altitude. En 1942, le chalet devient inhabitable et les rocailles se dégradent. 

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Lys des Pyrénées

Le jardin doit être réaménagé et il est fermé au public.

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En 1944, lors des combats de la libération, plusieurs dizaines de personnes, dont M. Auguste Prével, Chef de Culture, sont fusillées, l'hôtel PLM est incendié et le jardin est abandonné.

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Pavot à tige nue, Pavot d'Islande (Asie septentrionale)

La reconstitution des rocailles et la remise en état des installations s'effectuent lentement, sous la direction de Madame Lucie Kofler, puis de Paul Ozenda, professeurs à l'Université Joseph Fourier de Grenoble. Un chef de Culture, Monsieur Ruffier-Lange, enrichit les collections, qui compteront plus de 5000 espèces du monde entier. Le jardin connaît un troisième âge d'or, qui durera jusque dans les années 1970. Le décès tragique de M. Ruffier-Lange entraînera un déclin rapide du jardin, quasi à l'abandon au début des années 1980.

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Potentille à feuilles argentées (Himalaya)

En 1981, l'Université Joseph Fourier nomme un directeur, M.Gérard Cadel et un responsable horticole, M. José Lestani et délègue la gestion du jardin à une association : Les Amis du Jardin Alpin du Lautaret.

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Des améliorations importantes, comme l'arrosage automatique et la construction d'un bâtiment d'accueil du public, vont être réalisées grâce à l'aide des collectivités territoriales.

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L'intégration du Jardin Alpin du Lautaret au réseau des Jardins Botaniques de France et des Pays Francophones, vient récompenser en 1998 l'ensemble du travail accompli.

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Potentille rouge-sang (Himalaya)

Le jardin s'appelle désormais Jardin Botanique Alpin du Lautaret. Il est géré directement par l'Université Joseph Fourier depuis 2002 et accueille environ 25 000 visiteurs par an (de fin juin à début septembre).

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Primevères à fleurs du même côté (Chine)

La création en 1989 d'un laboratoire de recherche sur les plantes alpines, va conduire à la mise en place d'une entité de formation et de recherche en biologie alpine au col du Lautaret, station biologique d'altitude unique en France et en Europe.

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Le jardin est ouvert du 07/06 au 21/09, tous les jours de 10h à 18h.

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Avec des visites guidées gratuites à certaine heures de la journée.

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Accessible en fauteuil roulant avec aide

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 Plus de 2 000 espèces de plantes d'altitude présentées par origine géographique (Alpes, Montagnes Rocheuses, Caucase, Himalaya, Japon, Artique, Andes, Montagnes d'Afrique, etc...) 

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Des bancs pour se reposer et méditer au milieu de ce paradis de fleurs, d'eau, de roc...

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Une balade incontournable... Bon dimanche !

Sources : L'histoire centenaire du Jardin Alpin du Lautaret