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 Ce Monument aux Morts n'est pas sur une place de village. Il est érigé sur une butte, dans un virage en épingle à cheveux, à l'entrée de la Vallée du Queyras, sur un site classé. On l'appelle Monument des 7 communes. L'initiative de la commande revient au village d'Aiguilles et à son conseiller général Maurice Toy-Riont, industriel marseillais.

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 En septembre 1924, un comité charge le sculpteur marseillais Paul Gondard (1884-1953) de traduire dans la pierre un hommage aux enfants de la vallée d'une manière sobre. 

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 L'emplacement choisi matérialise le souvenir d'un lieu où se rencontrèrent en août 1914 les jeunes mobilisés du Queyras pour un dernier adieu à leur famille. 

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Le sujet est unique pour la région : un soldat gaulois probablement quariate, peuple celte dont est issu le nom de Queyras, ancêtre du Poilu, semblant sortir du tombeau de ses héros, debout, nu, musclé, les bras croisés sur un immense glaive, méditatif et recueilli.

1Abriès 1Aiguilles

1Arvieux 1Chateau-Ville-Vieille 

1Ristolas Molines2

1Saint-Véran

Cet octogone aux formes épurées, selon la volonté des commanditaires, grave dans la pierre les noms des morts de 7 communes du Queyras : Ristolas, Abriès, Molines, Saint-Véran, Aiguilles, Château-Ville-Vieille et Arvieux. Seule la commune de Ceillac n'a pas souhaité participer... Au total 210 morts, soit plus de 5% de la population du Queyras, en 1911, tous des hommes jeunes tombés sur les champs de bataille, pendant la grande guerre. On y trouve aussi les noms des victimes de la guerre 39-45.

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PAX GALLIAE

A SES BRAVES, LE QUEYRAS

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Autre originalité, on y parle du Queyras mais pas de la France. 

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Le monument est situé au lieu-dit de l'Ange Gardien. Au col, un oratoire consacré à l'Ange Gardien porte l’inscription "Saint Ange Gardien, guidez et protégez les voyageurs", qui révèle les peurs suscitées par la Combe. Cette combe où il n'était pas rare de se faire dépouiller par des brigands...

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En ce 11 novembre 2014, écoutons la petite voix du grand poète Georges Bernanos, dans une lettre à sa femme. Qu'elle passe par-dessus celle des armes, des musiques militaires, des uniformes et des décorations.

"Toujours la même boue, toujours le brouillard et la pluie, la même ligne infranchissable de fil de fer et de baïonnettes, les mêmes canons, la même vie et la même mort !"