Dans la somptueuse vallée de la Clarée, sur la route de l'Italie, le village de Plampinet s'étire paresseusement le long de la rivière, avec ses maisons pelotonnées autour de son église Saint-Sébastien.

L'église du XVIème siècle de style roman est dotée d'un clocher à bulbe. Sa richesse tient dans ses peintures murales du XVIème siècle. Cette richesse s'explique par la volonté de l'archevêque d'Embrun d'enseigner de façon pédagogique la religion aux habitants du pays afin de combattre la propagation de «l'hérésie» Vaudoise. Le cycle de la Passion en 21 panneaux peints sur l'arc triomphal, la voûte et le mur sud de la troisième travée, le martyre d'Erasme et Sainte Marguerite d'Antioche, furent restaurées par Hipolite Laurençon (1755-1827) en 1823 et en 1970 par le Service des monuments historiques. 

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Son clocher abrite deux cloches fondues par les frères Vallier, habitants du village. Le cimetière qui l'entoure présente en son milieu une très belle croix italienne rose sur un socle de grès vert. 

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 C'est Hipolite Laurençon, natif du village, qui le premier restaura en 1823 cette véritable "bande-dessinée" peinte au XVIème siècle par des "fresquistes" itinérants italiens, qui se déplaçaient de village en village, et réalisaient les fresques murales des églises à l'aide de grilles-modèles, après avoir installé des échafaudages, qu'ils descendaient à mesure de l'avancement de l'oeuvre, commençant par le haut. C'est pourquoi la Passion du Christ s'inscrit de droite à gauche sur les murs dans son déroulement chronologique.

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La Passion du Christ

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On a bandé les yeux de Jésus, on lui tire la barbe, on lui fait des grimaces...

Admirons le fond de scène avec ses voutes à piliers, typiques des caves et des écuries de la région.

 

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Ici, on voit Jésus présenté par Pilate à la foule, et dénoncé, invectivé par un Evèque et un moine, figures du clergé du XVI° siècle....et facétie des artistes !

Les mouvements des personnages, les couleurs symboliques, l'enchaînement rigoureux des étapes de la passion étaient autant d'éléments favorables à l'enseignement religieux qui pouvait difficilement se faire par la Bible.

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Judas s'est pendu et c'est un diable cornu et ailé qui extirpe son âme de ses entrailles...

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La Crucifixion dans l'indifférence générale : on se bat, on joue aux dés, les Saintes Femmes se détournent...

Au fond de la scène des remparts du XVIème siècle.

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Tandis qu'un diable cornu charge l'âme du mauvais larron sur son dos comme un sac de charbon...

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Un ange blond emporte délicatement dans ses mains celle du bon larron.

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La descente de la Croix : Jean et Marie-madeleine sont au chevet de Marie qui s'est évanouie.

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Sur cette scène étonnante de vie, Jésus sort du tombeau; Il réveille et bénit le Monde alors qu'il a encore une jambe dans la tombe...

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Le Martyre d'Erasme

Ce pauvre Erasme mérita bien sa béatification ! Après avoir subi mille tortures : il fut battu, on lui cracha dessus, il fut jeté dans une fosse pleine de vers et de serpents, puis de l'huile bouillante et du soufre furent versés sur lui mais « il restait à l'intérieur comme s'il se trouvait dans de l'eau fraîche, remerciant et louant Dieu », il fut mis à tremper dans un bain bouillant, on l'enferma dans une combinaison de métal brûlant, mais un ange l'emmena en sécurité, l'empereur en fut contrarié et le fit enfermer dans un tonneau rempli de pointes saillantes, qu'il fit rouler du haut d'une montagne ; un ange le guérit à nouveau. D'autre tortures s'ensuivirent : «Ses dents furent [...] retirées hors de sa tête avec pinces de fer. Après qu'ils l'eurent attaché à un poteau, ils le rôtirent sur une grille de fer... et clouèrent des clous métalliques dans ses doigts, puis arrachèrent ses yeux hors de sa tête avec leurs mains, et après avoir jeté l'évêque à terre nu et avoir attaché son cou, ses bras et ses jambes avec de forts cordages à des chevaux, afin que les veines de son corps éclatent.» Enduit de poix, enflammé, il survécut encore et fut jeté en prison, d'où il s'évada, et continua de louer Dieu.

On le voit ici lors de son ultime supplice, sur cette fresque d'un réalisme poignant,  le ventre ouvert et les intestins enroulés autour d'un cabestan.  Son âme est représentée, sortant de sa bouche et immédiatement emportée dans les bras d'un Ange...

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Marguerite d'Antioche

Cette sainte légendaire est née à Antioche. Convertie au christianisme, elle fait voeu de virginité et repousse les avances du gouverneur romain Olibrius. La légende veut qu'elle fut avalée par un monstre et qu'elle en transperça miraculeusement le ventre pour en sortir au moyen d'une croix et qu'elle s'en sorte indemne. C'est pourquoi on la représente généralement « hissée sur le dragon ». 

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Les tableaux d'Hipollite Laurençon, qui restaura les fresques en 1823.

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Une élégante et jolie Vierge à l'Enfant. Jésus la bénit de sa main disproportionnée.

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Sur une pierre de la façade, la date de construction de l'église : MDX (1510)

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A bientôt, pour la visite du clocher...