La Foire de la Saint-Luc- Guillestre-15 octobre 2012

 

 

15 octobre 2012 055 15 octobre 2012 07115 octobre 2012 072 foiret-Luc Guillestre 15 octobre 2012 068 15 octobre 2012 05715 octobre 2012 056

 15 octobre 2012 011 15 octobre 2012 004

 15 octobre 2012 012 15 octobre 2012 027

 15 octobre 2012 060 15 octobre 2012 041

15 octobre 2012 031 15 octobre 2012 025

 

  15 octobre 2012 028   15 octobre 2012 039

 

  15 octobre 2012 038 15 octobre 2012 062

 Cette énorme foire dure 3 jours, et possède de lointaines racines probablement gauloises, mais l'histoire écrite commence vers l'An 1000. "Il y a quatre foires à Guillestre, dit le curé Albert, les deux plus importantes sont celles de la St Luc de la St Pons…".

"Les transactions des foires sont un élément d'équilibre, pour un élevage qui s'organise, nous dit le Docteur Pierre Chouvet, c'est aussi le marché des semences et des plants, des étoffes de luxe, des accessoires de mercerie, c'est le marché des armes et des ustensiles de cuisine, des parfums et des aromates, on y achète un bon cheval, on recrute ici les berges, les servantes et les valets de ferme, on change sa monnaie, on règle les baux et les contrats.

Combien sont-elles ?  La date et la durée sont définies par l'autorité, l'Archevêque Prince d'Embrun. Elles durent 
trois jours en règle générale, mais certaines huit jours.

En 1475, le gouverneur du Dauphiné, accorde à Embrun une foire de la St Luc. Les consuls engagent une procédure. Les Guillestrins molestent les gardes, en tuent un. Les consuls sont emprisonnés. Après 20 ans, le bon droit de Guillestre est reconnu.

Jusqu'à la Révolution, le bourg de Guillestre, premier des hauts châteaux de l'Embrunais, sera célèbre par ses foires. Toute l'Europe se presse ici. "Plusieurs marchands du Piémont, de la République de Gênes, du comtat Venaissin, de Provence, du Languedoc et des autres provinces du Royaume".

Si les foires multiples, ouvertes depuis le siècle dernier ne sont plus que de gros marchés, celle de la St Luc retrouve son prestige : une grande assemblée, quelques animaux, la réapparition des chevaux, les voitures, la fête du bois, le jumelage, les animations de toutes sortes de cent associations."

http://ville-guillestre.fr

 

 

Brune conteuse, belle comtoise dans la brume rose d’automne …

Bienvenue au pays de la Bouvaïre ! 

A dos de mulet ou à dos de libellule, comme il vous plaît

Traversez l’espace entre Guillestre, Ceillac et Risoul …

Partez à la rencontre des mille et un torrents et canaux glacés du Chagne, du Cristillan, des Chazais et des Crozes …

Voyez comme Octobre, rouge-jaune d’or,

Rouge-jaune vif s’écoule et soupire … 

Fermez les yeux

Humez les vapeurs grises et parfumées des souvenirs d’antan qui sonnent

Dansez avec les fantômes en haillon qui scintillent dans la brume rose d’automne,

Capricieuse et oisive décoiffée de sa traîne bleue elle s’active,

Au-dessus des vignes et des blés des coteaux ensoleillés de Lonjagne et de Gaboyer,

Par-delà les restes de la nécropole de Panacelle,

Les marbres roses des églises, des chapelles et des prieurés,

Les eaux étranges du plan de Phazy, les remparts de la veille ville,

Les places, les combes, les fusines, les moulins à farine

A Fontloube, Ville-Vieille ou le long du Rif Bel … 

Imaginez la vie autour des fontaines, des fours, des forges,

Des fabriques de draps, de fer, de charbon de bois …

Autour de la halle,

Autour de la maison sacrée du marché gardienne des trésors-étalons …

Quelle aubaine que vous avez ! 

Et puis quand vous serez lassés de tournoyer en tous sens dans ces mémoires vieilles et ridées,

Quand vous en aurez assez de ces histoires rousses et cruelles d’automne …

Et bien reposez un instant sur ce banc votre cerveau abasourdi

Admirez le décor

poli et tourmenté par une pluie fine et polissonne.

Ecoutez comme mutine et folle elle sonne encore sur les pavés imaginés de l’enceinte du château,

Comme elle résonne sur les florins d’or fin qui s’entrechoquent entre les mains des hommes

Et comme elle façonne le fond des âmes des chanoines, bergers, préiers, officiers, gouverneurs, archevêques, acheteurs, touristes … 

Et puis soudain, comme sculptée dans un halo ciselé de lumière dorée,

Sacrée Reine-perle fine du Dauphiné,

Elle apparaît …

Oui, Elle, Belle, Rebelle, douce et sauvageonne,

Née sans doute dans les prés de Valbelle …

La voyez-vous ? 

Là, prise dans les dentelles, les voiles et les filets de l’étal d’à côté,

Elle flotte le cœur gai dans le vent léger … 

En cet instant éphémère et figé elle affiche désinvolte et blasée tout le panache d’une belle comtoise altière et vénérée … 

Regardez :

Crin blanc crénelé, robe fauve feu veloutée, naseaux fumants, sabots lustrés …

Elle enflamme, brille et pétille dans le reflet des ardents flash-clic-clac des fans empressés,

Amassés aux pieds de la star comme foudroyés, subjugués,

Envoutés par tant de grâce de charme et de beauté. 

Les longues lignes courbes et ondulantes de ses flancs, de sa taille fine et élégante fascinent … 

Et pendant que vous lui adressez de douces et lisses paroles

Qui glissent le long de son corps sublime,

S’unissent aux murmures magiques des fontaines

Et à la fragile musique des sonnailles lointaines,

Le temps, bougon et naïf,

Passe dans la sombre grisaille triste

Et griffe l’ombre pleureuse de la brume rose d’automne …

Nathalie Richard

Fusine : haut-fourneau utilisé pour la production de fer dans la combe du Queyras

Préier (1630) : prayers (1728) : maintenant, «syndicat de canaux » …

 

15 octobre 2012 020